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Chine

Un mois dans une école de kung-fu en Chine

Le 4 septembre 2018, nous prenions l’avion direction la Chine. C’était la première étape de notre voyage qui durera 8 mois. Nous avions préalablement réservé l’école de kung-fu dans laquelle nous allions rester un mois.

Je vous propose alors dans cet article – et dans la vidéo – de revenir sur notre expérience d’un mois intensif de kung-fu shaolin dans les montagnes du Yuntai, en Chine.

Apprendre le kung-fu

Vous vous demandez sans doute pourquoi nous sommes partis faire cette école : Est-ce qu’on faisait déjà du kung-fu avant ? Est-ce qu’on était fan des arts martiaux ?

Non, rien de tout ça. Alors pourquoi nous avons décidé de nous lancer là-dedans ? Tout simplement pour se lancer un défi. Un défi qui nous ferait sortir de notre zone de confort (surtout moi, qui suis plutôt du genre flemmarde). Avant de partir faire du Kung-fu, nous faisions déjà chacun de notre côté du sport. Mais partir à l’autre bout du monde pour faire un sport inconnu jusqu’à 7h par jours, c’était autre chose.

Une chose est sûre : nous n’avons pas hésité longtemps. Pour le fun. Pour se challenger. Et puis, le kung-fu ça a l’air sympa. Alors pourquoi pas directement aller l’apprendre à sa source ?

Et c’est là qu’une idée est survenue dans nos petites têtes : et si on partait chaque année, pendant un mois, dans un pays et en apprendre le sport traditionnel ?

Voilà comment et pourquoi tout ceci est arrivé.

Je vous propose alors de découvrir la vidéo qui vous raconte tout de cette expérience dans l’école “Yuntai Shan international Culture and Martial Arts School“. Ou lisez ce qui suit pour en apprendre davantage sur ce genre de voyage.

Une école internationale de kung-fu shaolin

Il existe beaucoup d’écoles de kung-fu en Chine. Bon ça semble logique mais c’est toujours sympa de le rappeler. La grande majorité accueille des étrangers du monde entier pour apprendre le kung-fu et la culture qui y est liée. Généralement vous êtes logés sur place, comme c’était le cas dans notre école : Yuntai Shan international Culture and Martial Arts School. D’ailleurs, nous ne pouvions sortir de l’enceinte de l’école sans autorisation. C’est un peu à la militaire là-bas 😛 Mais c’est aussi pour ça que nous y sommes allés : expérimenter un entrainement intensif plutôt militaire.

Dans cette école, il peut y avoir jusqu’à 600 élèves. Elle est principalement destinée à l’éducation et à l’apprentissage des enfants chinois mais elle accueille un bon nombre d’étudiants étrangers. C’est comme un internat où les enfants chinois sont mis dès 4-5 ans et suivent leur cursus scolaire à côté des entrainements de kung-fu. Ils sont donc dans l’école toute la semaine, et certains rentrent le week-end.

Nous, les petits étrangers, avons nos chambres sur 3-4 étages. Les chambres sont par deux et les couples peuvent être ensemble (je précise, car il y a certaines écoles qui l’interdisent).

Tout le monde vit dans l’école. Les professeurs ont, eux aussi, leur chambre dans un bâtiment annexe.

A votre arrivée, on vous demande ce que vous souhaitez faire (à savoir qu’en cours de route, env. 2 semaines après votre arrivée, vous pouvez demander à changer). Vous avez le choix entre du kung-fu (ce que fait la majorité), du sanda (c’est de la boxe chinoise et c’est ce que mon compagnon a choisi de faire) ou du tai-chi. Quoi qu’il en soit les horaires sont les mêmes.

Une journée type

Globalement nous nous entrainions entre 7 et 8 heures par jour. Et ceci dès le premier jour de notre arrivée. Oui parce qu’on est arrivé vers 23h le premier jour et le lendemain la journée commençait à 6h par une heure de renforcement musculaire. Donc soyez préparés 😉 !

Avant chaque entrainement, repas ou toutes activités, nous devions nous réunir en bas de la salle d’entrainement. Toujours à la même place, il fallait être là à l’heure demandée sinon… 100 pompes devant tout le monde. Les mains dans le dos, nous devions compter chacun notre tour pour s’assurer que tout le monde était bien là.

Le matin

Du coup, tous les jours – sauf le dimanche – nous nous levions à 5h30 pour commencer, à 6h, par 1h d’entrainement. L’échauffement se faisait dehors par des étirements et 15 minutes de courses dans la cour de l’école. Ensuite le reste de l’heure se passait à l’intérieur. Et je crois bien que c’était le moment le plus intensif de toute la journée. On travaillait généralement un groupe de muscles (abdos, jambes, etc.) ou tout le corps.

C’est bon, après ça, tu es cassé pour le reste de la journée.

Le petit déjeuner était pris dans la cantine (ou dans la chambre… si manger des patates chaudes en soupe dès le matin ne convient pas 😛 ) entre 7h20 et 8h. Nous avions acheté des flocons d’avoine, du lait de soja et du beurre de cacahuètes au village pour manger le matin, un peu comme à la maison. Nos estomacs nous ont remercié.

De 8h à 11h30 environ, nous nous entrainions au kung-fu ou du moins à tout ce qui est nécessaire pour apprendre le kung-fu. Souplesse, endurance, rapidité, enchainements de gestes, etc. Le kung-fu est composé d’un nombre incalculable de gestes précis qui, mis les uns après les autres, aboutit à des sortes de chorégraphies. Ces dernières possèdent des noms (qui vaut mieux retenir, sinon tu passes pour le touriste incompétent aux yeux du shi-fu – professeur en chinois). Et le but est réussir à faire ces enchainements le plus précisément possible, ce qui nécessite de la souplesse et beaucoup d’énergie.

A 12h était servi le repas dans la cantine. Parfois c’était bon, souvent c’était difficile à manger (ou difficile à digérer… la plupart d’entre nous était régulièrement malades).

L’après-midi

Les entrainements recommençaient à 14h30. Alors entre le repas de midi et 14h30, nous profitions pour nous reposer. Faire une longue sieste était mon activité principale en début d’après-midi. Je ne pouvais pas faire sans. Et même si c’était difficile de se réveiller et recommencer à s’entrainer après avoir dormi environ 1h-1h30, mon corps n’était pas habitué à autant d’intensité qu’il avait tout simplement besoin de se reposer en milieu de journée. Mais c’est surtout que les deux premières semaines, j’avais des courbatures partout – littéralement partout – et que le moindre mouvement était difficile alors je préférais rester dans ma chambre au lieu de faire des allers et retours sur 4 étages.

L’entrainement de l’après-midi durait jusqu’à 18h. Et parfois nous passions une bonne heure à jouer au basket mais la plupart du temps, nous faisions la même chose que le matin.

Mais n’ayez pas peur, nous avions une pause le matin et une pause l’après-midi d’une petite vingtaine de minutes pendant l’entrainement.

Certains faisaient des cours de chinois en deuxième partie d’après-midi. Personnellement je n’ai suivi que deux fois des cours de chinois sur un mois. Lorsque nous sommes arrivés, il n’y avait plus de professeurs. Ils ont mis du temps à en retrouver. Du coup, ceux qui avaient déjà des bases pouvaient, deux fois par semaine, prendre du temps l’après-midi pour apprendre par eux-mêmes.

Le soir

A 18h30, le repas du soir était servi. Et à partir de là, soit la journée était finie, soit nous continuons à nous entrainer par nous-mêmes dans la salle d’entrainement de 19h30 à 21h. C’était facultatif mais fortement recommandé 😛

A 22h, les lumières étaient éteintes et le silence devait régner dans l’école.

Et c’était reparti pour une nouvelle journée.

Les activités en dehors de l’école

Comme je vous l’ai dit, les dimanches nous pouvions aller en ville ou rester à l’école tranquille à rien faire, se détendre, se reposer. Le village le plus proche était à 15 minutes environ en tuk-tuk, nous y allions pour faire le plein de fruits (ah oui parce qu’ils ne donnent pas de fruit à l’école), le plein de biscuits et gâteaux ou se faire masser. Parfois nous prenions le bus depuis ce village pour aller à la grande ville. Et là c’était plus pour faire les magasins, les restaurants.

Il fallait impérativement être de retour à 18h-19h pour “l’appel” (je ne me souviens plus de l’heure précise, mais il fallait être précis… sinon ben 100 pompes à nouveau devant tout le monde).

Nous pouvions demander congé trois jours pour visiter les attractions dans les montagnes du Yuntai. Temples, chutes d’eau, rivières, restaurants et points de vue étaient au rendez-vous. Et c’est là qu’on a vraiment découvert les paysages de la Chine. C’était grandiose (tout comme la masse de touristes… Oui les touristes chinois sont aussi présents dans leur propre pays et en beaucoup plus grand nombre). Certains lieux – où il fallait marcher un peu plus – il n’y avait presque personne et d’autres étaient rempli à raz bord. L’entrée dans les montagnes nécessitent une carte à acheter au village d’entrée. Elle permet de visiter les montagnes sur trois jours.

Du coup, nous avions demandé congé du jeudi au samedi (comme ça nous pouvions nous reposer encore le dimanche 😛 ).

Un an après : le bilan

Cela fait un an que nous avons mis les pieds là-bas et, comme tout le reste du voyage, j’ai l’impression que c’était hier. L’expérience vécue est inoubliable. C’était intense, c’était nouveau mais c’était incroyablement fort.

Globalement j’ai aimé ce que j’ai vécu dans cette école. Sortir de sa zone de confort comme nous l’avons fait a été très bénéfique. Nous nous sommes mis en forme pour bien attaquer le trek de 10 jours au Népal. Et puis, nous avons fait de belles rencontres.

Mais surtout nous nous sommes imprégnés de la culture chinoise. Et que nous l’avons aimé ou non, s’imprégner d’une culture de manière authentique et complète est le meilleur moyen pour découvrir. Cela rend le voyage plus profond, plus vrai.

Alors oui, il n’était pas tous les jours faciles de vivre dans une culture si différente de la nôtre – et encore on n’était loin de l’imprégnation totale. La culture chinoise est si éloignée de ce que l’on connait en Europe et en Suisse qu’il nous a été difficile d’entrer dedans. Mais nous avons vécu ce que nous avions à vivre, nous avons pris ce qui nous avions à prendre. Et il n’y ressort que du positif.

Cliquez ici pour plus de photos de notre séjour : mon album photo sur Facebook.

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